ninasaul

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Nina s'est fait piquer son clavier. Et c'est pour ça qu'elle boude.

Zut Zut Zut … La vraie vie reprend le dessus, pas de trêve… Je me suis laissée aller, Nina va s’endormir, ne plus écrire, s’endormir cent ans, juste parce que moi, pendant ce temps-là je courais après le temps qui me courait après. Le temps l’argent et la voix douce à sens unique dans mon téléphone qui me disait souriante, Vous avez neuf nouveaux messages. Elle me rend dingue cette voix, même pas elle me tutoie depuis le temps ! Vous avez six nouveaux messages. J’écoute. Les neuf messages. J’écoute. Les six messages. Et j’exécute. Je m’exécute. A ma façon, manquerait plus que ça ! Ce petit bout de liberté Sa Majesté, ce « à ma façon », c’est bien peu cher payé pour ce temps qui me dévore sans laisser à Nina le temps d’écrire … Même plus de place dans sa tête pour penser la Nina ! Sortir du monde. Entrer dans l’autre. Le Vrai. Celui de Nina qui n’existe pas. Ne pas comprendre. Ne plus comprendre, plus rien. Ne plus entendre les fous des reines les fous des rois qui divertissent la foule pendant que les monarques travaillent à la sueur de nos fronts. Leurs têtes fières portant beau les couronnes de la République. Ils se sont reproduits, se sont multipliés en quelques siècles dis-donc les monarques. Et puis tu as remarqué Nina, il n’y en a plus qu’un, non ...  ils sont nombreux. Les Reines et les Rois. Avec leur Cour. Plus vaste que jamais, plus folle, disséminée en toute équité en France et en Navarre ! Versailles en mieux. Versailles partout. Centralisée, délocalisée, régionalisée, départementalisée, communauté-de-communisée … La Cour du Roi ressuscitée par le miracle de la démocratie, hypnotique qu’elle est devenue à force de trop la regarder la belle démocratie. Le peuple s’est endormi, la Cour est revenue. Et sans surprise elle est comme elle a toujours été. Soumise, flatteuse, flattée. A la mode. Riant trop fort de ses propres mots d’esprit, riant aux blagues du Roi, surtout à celles qu’il dit en latin, et qu’ils ne comprennent pas, mais ils rient quand même ! Le Roi lui-même ne les comprend pas mais il en rit aussi dirait-on sous le manteau. 

 

Mais je parle je parle, un peu sous la colère c’est vrai, et je m’aperçois que Nina n’est plus là … Tout cela ne la regarde pas, elle fait la tête, elle est partie, elle boude.  Elle ne supporte pas que je lui pique son clavier … J’entends sa voix … Je l’entends dire quelque chose mais quoi ? Je tends l’oreille … Je ferme les yeux et j’entends sa voix, si familière, si douce, si souriante … C’est ça, c’est bien ça, c’est Nina … Je l’entends répéter : Esprit, es-tu là ? 



25/10/2016
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