ninasaul

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Prendre le temps de démêler les noeuds et d'emmêler les mots.

Penser est si facile Nina, penser à tout, penser à rien. Penser pour se divertir de ce drôle de monde. Penser pour divertir, Aussi. 

 

Penser pour s’évader Nina. Trouver ton terrain de jeu là-haut dans ton cerveau, jouer à l’élastique dans tes pensées, t’emmêler les idées et éclater de rire, toute seule ! 

 

Les court-circuits dans ton cerveau se multiplient, mais pas seulement dans le tien. Un mot sort à la place d’un autre, zut ! Alors ta voix s’arrête, elle se rend compte qu’elle s’est trompée. A qui la faute ? Lapsus à Freud ? A ton grand âge ? Pas forcément ! On dirait plutôt un accident d'un genre nouveau, sans nom pour le moment. Les scientifiques se penchent sur le phénomène à l'heure qu'il est. Le cerveau pédale, les idées fusent, les mots se mélangent. Epreuve nouvelle, ère digitale. Vouloir tout savoir, tout le temps. Devant les écrans. 

 

Le tête peut-être perd les pédales. Quand à la place d'une phrase, une autre fait irruption. 

 

Je m’en touffe ! 

 

Une phrase comme ça, jetée avec l’aplomb d’un point d’exclamation. 

 

Un point  d’interrogation demande des explications. Je m’en touffe ? 

 

Oui. Je m’en touffe ! Parfaitement. Exemple rare et génial de court-circuitage verbal. 

 

Je m’en touffe ne veut rien dire tout le monde sait ça. D’ailleurs personne n’a jamais entendu cette expression. Donc, elle n’existe pas. C’est un accident. Pur accident de langage. Comment est-ce arrivé ? Explications Nina ! Deux phrases se sont lancées très vite du haut d’un cerveau, se sont engouffrées dans les tuyaux, se sont élancées dans une course effrénée. A qui arrivera la première. Vite Vite prendre la parole à l'air libre, vite les deux à la voix, deux phrases. Telles des spermatozoïdes dont la vie et la descendance en dépendraient. 

 

Deux phrases prêtes à tout, s’éliminer, gagner, survivre. 

 

Dossard Numéro 1: Je m’en fouts

Dossard Numéro 2: Je m’en tape

 

Prêtes au départ ? 

 

Elles sont parties de tout en haut. Pour arriver première elles accélèrent. Manque de bol c’est jour d’encombrement et elles ne sont pas seules dans le tuyaux ! C’est de pire en pire le cerveau humain de nos jours n’ont-elles même pas le temps de penser. Déjà elles se percutent. De plein fouet. 

 

Résultat. Je m’en fouts se casse le nez. Je m’en tape se casse le bras. Je m’en touffe étouffe le tout et sort du lot. Ni vue ni connue. Entendue. 

 

Nina sourit pleine de malice. Elle s’en touffe, elle s’en fout, elle s’en tape.

 

Et voilà comment le hasard du sport et l’évolution de l’homme font parfois bien les choses. Car l’homme, dans son immense splendeur virile irremplaçable et séduisante, a pour habitude quand l’occasion  se présente, de lancer détendu du plus profond de ses cordes vocales mal rasées cette expression fatale et implacable. Je m’en bats les couilles. 

 

Quel homme a dit cela la première fois ? L’Histoire ne le dit pas. Wikipedia non plus. 

 

Combien de femmes ont-elles employé cette expression impropre à leur anatomie ? Combien de femmes l’ont-elles prononcé haussant les épaules faisant mine que le monde pouvait bien s’écrouler sans elles, s’élevant ainsi à la hauteur de leurs égaux les hommes ? Combien d’adolescentes pour faire les malines se sont creusées les méninges pour traduire l’inégalable masculin qui s’en bat tellement les couilles qu’aucune expression féminine ne lui est jamais arrivée jamais à la cheville, même en s’en battant les ovaires à corps perdu

 

Le hasard. La pomme tombée sur la tête de Newton. L’accident de langage. Deux mots qui s’emmêlent. Et voilà comment la femme a rattrapé l'homme. Par erreur. Madame s'en touffe. Magique ! Monsieur peut continuer à s'en battre la couilles. On avance.

 

Tout ça pour dire, qu'i faut en rire. 

 

Et faire une belle et majestueuse révérence aux pensées qui s’emmêlent, aux mots qui tombent du haut du ciel. Prendre le temps de ramasser les mots, le faire avec plaisir avec passion. Apprendre la passion apprendre à ne jamais la perdre.  Sinon un jour peut-être arrivera une grosse énorme vendangeuse de mots, qui les ramassera trop vite à notre place. 

 

Penser, réfléchir, prendre le temps de démêler les noeuds et d’emmêler les mots. Et les offrir. 



06/02/2017
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