ninasaul

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La fin des temps est une utopie

Nina s’est envolée et n’a plus répondu. 

 

S’envoler. Ne plus répondre, ne plus poser de questions et ne plus en poser. 

 

Regarder. Regarder enfin. Regarder comme boire à la source. Boire l’eau nouvelle qui coule depuis le début de notre éternité. 

 

Boire l’eau dont le monde ne cesse de te prédire la fin. Vivre. Vivre et essayer de vivre, respirer. Lutter contre l’empêchement permanent. Voilà la vie, voilà ta vie Nina, et beaucoup d'autres vies. Repousser l’empêchement. Et regarder comme au premier jour, toujours. Regarder sous tous les angles. Regarder aussi beau que c’est que de sourire. Regarder à toute heure. Regarder du coin de l’oeil du bout de l’oeil du bas de l’oeil quand la paupière tombe de fatigue, quand la paupière s'éveille, lourde. Et regarder toujours. Regarder tout le temps. Ne jamais cesser de le faire. Ouvrir l’oeil quand il fait noir, quand les yeux restent grand ouverts. Et ne pas s’énerver, ne plus s’énerver quand les yeux ne se ferment pas, quand ils ne se ferment plus. Bénir l’insomnie et l’écouter te parler plutôt que de la combattre. Ecouter la solitude et regarder toujours. 

 

Regarder. Regarde en toi quand il fait noir, voilà ta vie. 

 

Silence total. Et la voix Nina de tes pensées apaisées, comme une seule voix, comme la voix d’une pensée, limpide, facile, la tienne, en communion avec toutes les autres. Et si les autres ne communiaient pas Nina - mais que sais-tu des autres ? Je répète Nina, et si les autres ne communiaient pas ?  Alors tu communierais seule. N’est-ce pas ce que le monde est condamné à faire ? Communier seul ? Ainsi va le monde, seul. 

 

Ce que tu sais du monde depuis que tu le regardes Nina c’est que s’il n’était pas fait pour vivre il serait déjà mort le monde. Mais le monde n’est pas mort, tout le monde sait ça. Le monde vit, et de plus belle. 

 

Et depuis qu'il vit, et depuis que que tu sais ce que tu sais, tu vois que le monde est fait pour lutter, que le monde est fait pour survivre, qu'il est fait pour vivre. Ce monde que tu regardes.

 

Ne vacille pas Nina, ne vacille plus. Vis. Regarde. 

 

Regarde le monde de ton regard. Ce monde qui dévore et qui te dévore. Ce monde qui ne s’arrête jamais. 

 

Qui ne s'arrête tellement jamais Nina que tu te dis Nina. Que la fin des temps est une utopie.



12/09/2017
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